Aller au contenu | au menu | à la rechercheMode texte Bas ↓

Base de Connaissances
sur les Coraux des Mascareignes

Accueil » Les coraux » Écologie
Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

laboratoire IREMIA - Université de La Réunion

Laboratoire d'Informatique et Systématique - UPMC Paris

laboratoire CBETM - EPHE - Université de Perpignan

laboratoire BtBs - Université de Milano

laboratoire ECOMAR - Université de La Réunion

SHOALS - île Rodrigues

Albion Fisheries Research Center - île Maurice

Écologie

Publié le 24 décembre 2006, mis à jour le 10 août 2007

Toutes les versions de cet article :

  • français

Les récifs coralliens ont une aire de répartition restreinte due à des exigences écologiques très strictes. La température de l’eau idéale est comprise entre 25 et 29°C, suffisamment chaude pour permettre la calcification ; l’eau doit être claire pour une intensité lumineuse optimale afin de permettre la photosynthèse des algues symbiotiques ; elle doit être renouvelée pour apporter les éléments nutritifs nécessaires aux colonies coralliennes tout en évitant une agitation trop importante qui risquerait d’éroder ces dernières ou d’apporter des sédiments susceptibles de les étouffer. Bref, ils sont sacrément exigeants ces Scléractiniaires !

1. Répartition actuelle

Les récifs coralliens sont des écosystèmes rares à l’échelle de la planète : ils ne couvrent que 284 300 km² [1], soit à peine la moitié de la surface de la France (à titre de comparaison, les forêts tropicales et subtropicales représentent 23 millions de Km² soit 100 fois plus). Ces récifs ne couvrent que 0,17 % de la surface des océans et ne sont présents que sur 1,2 % des côtes continentales. L’océan Indien possède 20 % des récifs mondiaux contre 40 % dans le Pacifique et 8 % dans la région Caraïbes-Atlantique. Les plus grandes régions coralliennes se situent en Indonésie (51 020 km²) et en Australie (48 960 km²). La France se place en 4ème position avec 14 280 km² juste derrière les Philippines (25 060 km²).
La répartition géographique à l’échelle planétaire des récifs coralliens va être sous le contrôle de nombreux facteurs à la fois physico-chimiques et biologiques.

JPEG

Carte de répartition mondiale des récifs

2. Influence de la température

Les récifs coralliens se rencontrent dans les eaux chaudes, c’est-à-dire pour des températures supérieures à 18°C. L’optimum se situe entre 25 et 29°C [2]. Cette température est nécessaire à leur croissance en intervenant notamment dans la synthèse de leur squelette calcaire (la solubilité du CaCO3 diminue avec la chaleur). De même, la température va également influencer les échanges respiratoires et la nutrition des scléractiniaires hermatypiques. Ceci limite ces coraux à ne prospérer qu’entre 30° de latitude nord et 30° de latitude sud. Cependant, des températures élevaient pendant une période trop longue, peuvent également entraîner des phénomènes de blanchissement, c’est-à-dire une perte de leurs algues symbiotiques nécessaires à leur développement.

3. Influence de la lumière

La présence d’algues symbiotiques (les zooxanthelles) dans les tissus des scléractiniaires hermatypiques les restreint à la zone euphotique des océans. La lumière, en effet, doit être suffisante pour assurer la photosynthèse des zooxanthelles.

Certaines espèces peuvent cependant montrer certaines adaptations aux faibles luminosités, notamment en modifiant leur forme afin d’intercepter un maximum de lumière. Avec la profondeur, les formes branchues laissent place aux formes tabulaires et encroûtantes : ces dernières interceptent une plus grande partie du rayonnement lumineux.

JPEG

Peuplement corallien de faible profondeur (récif de La Saline, La Réunion – Platier corallien) dominé par la présence de formes branchues (photo de F.Trentin)

 
JPEG

Peuplement corallien de pente externe (récif de St-Leu, La Réunion – 17 m) dominée par la présence de formes tabulaires (photo de F.Trentin)

4. Influence de l’hydrodynamisme

L’agitation de l’eau est un paramètre essentiel permettant l’apport de nourriture et d’oxygène. L’agitation ne doit pas être trop importante afin de ne pas endommager les colonies. Un hydrodynamisme trop élevé peut, par exemple, entraîner une rétraction des polypes et empêcher leur nutrition par capture de proies. Un mode trop calme va, au contraire, favoriser l’asphyxie des coraux par le dépôt de particules à la surface des colonies.

L’hydrodynamisme joue également sur la forme des coraux : c’est ainsi que dans la zone de déferlement ce sont des coraux massifs, plus résistants, qui tendent à prédominer. Ce sont, à l’inverse, des zones où l’agitation de l’eau sera faible, que des espèces avec des branches fines pourront dominer.

JPEG

Zone de déferlement, marquée par la prédominance de formes massives (Photo F.Trentin)

5. Influence de la profondeur

La plupart des Scléractiniaires hermatypiques vont vivre entre la surface et une profondeur d’une cinquantaine de mètres. L’influence de la profondeur est essentiellement due à l’effet conjuguée de plusieurs facteurs : principalement la lumière mais aussi l’hydrodynamisme et dans une moindre mesure la température. La distribution de ces coraux est ainsi fortement influencée par la bathymétrie et la diminution de luminosité qui en découle. Le recouvrement en Scléractiniaires hermatypiques va suivre cette évolution de luminosité.

GIF
GIF

Évolution parallèle du taux de recouvrement et de l’éclairement en fonction de la profondeur (d’après ?)

D’une manière générale, au même titre que le recouvrement corallien, le nombre d’espèces coralliennes va diminuer avec la profondeur. L’adaptation aux faibles luminosités (c.f. 3. Influence de la lumière) ainsi que l’hydrodynamisme vont jouer sur la forme des coraux. Ces facteurs peuvent ainsi expliquer la distribution des formes de coraux observée le long d’un profil récifal.

JPEG

Répartition relative en % des différentes formes coralliennes le long du profil récifal depuis le chenal d’embarcation jusqu’à -40 m (d’après ?)

6. Influence de la turbidité

La turbidité va influer sur l’éclairement selon la quantité de sédiments en suspension. L’action des sédiments sur les coraux va dépendre à la fois de la granulométrie des particules mais également de l’hydrodynamisme. Il peut y avoir colmatage des mécanismes ciliaires des polypes si ces particules sont fines et risque d’étouffement en mode calme. A l’inverse, si la granulométrie est plus grossière et l’agitation de l’eau plus importante, il peut y avoir destruction des polypes par abrasion.

Dans certains environnements très turbides, les coraux peuvent présenter des adaptations morphologiques facilitant l’élimination des particules. La sécrétion de mucus est également un moyen pour les coraux de nettoyer leur surface de toutes les particules pouvant s’y être déposées.

7. Influence de la salinité

Les scléractiniaires tolèrent une salinité de 28 à 40 ‰ Leur optimum se situe cependant entre 34 et 36 ‰. Des adaptations locales a des Salinités très élevées sont possibles. En Mer Rouge ou au niveau du Golfe Persique des salinités de 45 ‰ peuvent ainsi être tolérées. La dessalure permanente est, à l’inverse, très mal tolérée par ces animaux marins. Les récifs coralliens s’interrompent ainsi au niveau des déversoirs et des passes. En revanche, les coraux tolèrent relativement bien des dessalures ponctuelles.

JPEG

Interruption de la barrière à l’embouchure des fleuves - Petite Ravine St-Leu, La Réunion (Photo A.Weber)

La salinité est l’un des facteurs pouvant expliquer le manque de réussite des coraux sur la côte est de la Réunion, beaucoup plus pluvieuse avec de nombreux cours d’eau pérennes.

8. Une répartition en fonction du support ou substrat

Le substrat doit être solide et stable dans la durée pour éviter l’écrasement ou l’enfouissement des colonies. Il doit présenter une surface au sol disponible et suffisante, nécessaire à une colonisation durable et extensive. Il doit aussi présenter un âge suffisant pour avoir permis une implantation corallienne (présence de bouquets ou massifs coralliens ne veut pas encore dire présence d’un récif corallien.

JPEG

Type de substrat rencontré en Baie de St-Paul, La Réunion (Photo F.Trentin)

Une fois fixé à leur substrat, les coraux vont entrer en concurrence ou en interactions avec de nombreux organismes. Ceci va inclure des phénomènes de compétitions entre différentes espèces de coraux mais également des phénomènes de compétition ou d’associations avec d’autres organismes comme, par exemple, les algues. L’ensemble de ces interactions vont ainsi pouvoir être soit bénéfiques aux coraux soit au contraire leur porter préjudice.

Il existe également de nombreux autres facteurs contrôlant la distribution et l’occupation des coraux dans l’espace. Dans des zones peu profondes, l’émersion sera une des causes majeures limitant l’extension vers le haut des colonies coralliennes du fait de l’exposition à l’air, à l’ensoleillement et la dessiccation. La marée sera donc également un élément prépondérant.

JPEG

Croissance corallienne limitée verticalement par l’émersion, La Réunion (Photo F.Trentin)

Sources :

- Bouchon C, 1978
- Chevalier JP (1987) Ordre des scléractiniaires. In Traité de zoologie : anatomie, systématique, biologie. Vol. III, fasc.3 : Cnidaires, Anthozoaires. Edited by D. Doumenc. Masson, Paris. pp. 403–764.
- Spalding MD, Ravilious C, Green EP (2001) World Atlas of Coral Reefs. University of California Press, Berkeley, Etats-Unis
- Veron JEN (2000) Corals of the World. Australian Institute of Marine Science, Townsville

Notes

[1Spalding et al. 2001

[2Chevalier, 1987


RSS 2.0 [ ? ] • Site réalisé avec SPIPCréditsMentions légalesHaut ↑
cc by nc  Le contenu de cette page est sous contrat Creative Commons BY-NC 2.0 Fr

Financements : EtatEurope-FEDERRégion RéunionUniversité de La Réunion