Nutrition - Base de Connaissances sur les Coraux des Mascareignes
Aller au contenu | au menu | à la rechercheMode texte Bas ↓

Base de Connaissances
sur les Coraux des Mascareignes

Accueil » Les coraux » Nutrition
Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

laboratoire IREMIA - Université de La Réunion

Laboratoire d'Informatique et Systématique - UPMC Paris

laboratoire CBETM - EPHE - Université de Perpignan

laboratoire BtBs - Université de Milano

laboratoire ECOMAR - Université de La Réunion

SHOALS - île Rodrigues

Albion Fisheries Research Center - île Maurice

Nutrition

Publié le 25 juin 2007, mis à jour le 18 janvier 2008

Toutes les versions de cet article :

  • français

Les coraux sont des organismes carnivores se nourrissant préférentiellement de zooplancton. Les proies sont capturées grâce aux tentacules des polypes, munis de très nombreuses cellules spécialisées : les cnidocytes. Le mucus secrété par l’ectoderme joue également un rôle non négligeable dans la nutrition des polypes.
Mais les coraux vivent dans des eaux claires et donc pauvres en plancton, aussi, seulement 10 à 20 % de ces besoins sont couverts par hétérotrophie. C’est pourquoi la présence d’algues symbiotiques dans leur tissu assure, grâce à la photosynthèse, une grande partie de la nutrition du polype en échange d’un abri stable et d’éléments minéraux. L’activité photosynthétique de l’algue contribue, de plus, à l’élaboration du squelette calcaire.

1.Des organismes carnivores

Tentacules ...et crevettes (Photo A.Barrère) {PNG}Les Scléractiniaires sont carnivores et se nourrissent essentiellement de zooplancton. La nutrition est assurée par la capture de particules organiques et de zooplancton grâce au mucus et aux cnidocytes particulièrement abondants dans l’ectoderme des tentacules. Chez de nombreuses espèces, les tentacules se déplient de façon privilégiée la nuit, lors de la remontée du plancton.

1.1. Tentacules et cnidocytes

Les proies sont saisies par les tentacules bordant la cavité buccale à l’aide des cnidocytes. Quand un organisme planctonique effleure le cnidocil (4), l’opercule (5) s’ouvre et le filament (1) est expulsé en se déroulant. En effet, sous la pression du liquide interne venimeux (11) à l’intérieur de la capsule, sous la pression le filament urticant se dévagine comme un doigt de gant retourné. Les épines (2) déchirent alors les tissus de la victime. Le filament s’enfonce dans son corps et se comporte comme une aiguille inoculant le venin. Cette séquence dure quelques millièmes de secondes avec une vitesse de quelques mètres pas seconde (10 km/h) ; ce qui est un évènement d’une rapidité et d’une violence si élevées à l’échelle cellulaire que l’on parle de la décharge des cnidocystes.

JPEG
Tentacules sorties pour ce Favites

Une fois paralysée, la proie est transportée à l’intérieur de la cavité buccale du polype. Le transport jusqu’à cette cavité peut être assuré soit directement par l’action des tentacules couplée à une contraction du disque oral du polype soit parfois par l’intervention de mouvements ciliaires. Le passage de la proie dans la cavité déclenche la sécrétion d’enzymes par des cellules particulières de l’endoderme abondantes dans la région orale. La digestion s’effectue en partie dans la cavité et en partie après phagocytose dans certaines cellules de l’endoderme. Le contenu de la cavité est brassé par les cellules ciliées ce qui favorise la digestion dans un premier temps puis la circulation des nutriments dans une second temps. Ainsi, les autres polypes dont les cavités communiquent seront aussi approvisionnés en éléments nutritifs.

1.2. Rôle du mucus

L’ectoderme des coraux secrète parfois une quantité très importante de mucus (mélange de protéines et de glucides). Celui-ci constitue un maillage très fin et va pouvoir être utilisé à la même manière qu’un "filet de pêche". Il va, en effet, pouvoir piéger des particules alimentaires et des éléments du zooplancton. Une fois englués dans ce filet, ces éléments vont être apportés à la bouche par des mouvements ciliaires ou par les tentacules. La matière organique retenue par le filet de mucus peut d’autant plus être colonisée par des bactéries (ce film bactérien servant lui-même de nourriture au zooplancton). Ceci constitue un complément alimentaire non négligeable pour certaines espèces, notamment celles où la taille des tentacules est réduite. Le mucus possède, de plus, un rôle protecteur notamment lors de périodes d’émersion (marée basse) et lors d’apports sédimentaires.

JPEG

1.3. Nutrition combinée

Il s’agit du cas le plus fréquent où il va y avoir à la fois intervention des tentacules, des cnidocytes, des mouvements ciliaires et du mucus. Les proies vont tout d’abord être capturées par les tentacules et les cnidocytes. Elles vont ensuite être enrobées par du mucus puis transportées vers la bouche à l’aide des tentacules ou, cas le plus fréquent, être transportées vers la cavité gastrique par l’intermédiaire de mouvements ciliaires.

2. La Matière Organique Dissoute (MOD)

Les tissus des polypes ont la possibilité d’absorber directement de nombreuses matières organiques dissoutes dans l’eau de mer. Cette absorption fait intervenir les cellules ectodermiques qui grâce à leur microvillosité peuvent absorber une quantité importante de matière (dont la taille peut s’étaler depuis les acides aminés jusqu’à de grosses molécules). Ceci peut constituer une quantité importante de nourriture pour les coraux.

3. La symbiose avec les zooxanthelles

Du fait de la pauvreté des mers tropicales, les apports alimentaires dus au zooplancton et aux bactéries qui se développent sur le mucus ne couvrent que 10 à 20 % des besoins énergétiques des coraux. De plus, il apparaît, qu’au même titre que les végétaux chlorophylliens, la lumière est nécessaire à leur développement. Une coupe dans les tissus du polype révèle, en fait, la présence d’algues symbiotiques : les zooxanthelles. Celles-ci sont des unicellulaires photosynthétiques (Dinoflagellés).

JPEG

Les zooxanthelles ont une taille d’une dizaine de µm (1/1000ème de mm) et sont regroupées par 2 ou 3 dans une vésicule (le symbiosome) au niveau de l’endoderme de l’épithélium supérieur. Leur effectif dans les tissus du polype est évalué à quelques millions par cm2 (comptage dans un plan au microscope). Elles ont un couleur brunâtre-jaunâtre car elles possèdent des pigments photosynthétiques (chlorophylle a, chlorophylle c, xanthophylles, caroténoïdes). Ce sont elles qui ont besoin de lumière pour réaliser la photosynthèse.

Sources :

-  ?


RSS 2.0 [ ? ] • Site réalisé avec SPIPCréditsMentions légalesHaut ↑
cc by nc  Le contenu de cette page est sous contrat Creative Commons BY-NC 2.0 Fr

Financements : EtatEurope-FEDERRégion RéunionUniversité de La Réunion