Histoire - Base de Connaissances sur les Coraux des Mascareignes
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Histoire

Publié le 24 décembre 2006, mis à jour le 21 mai 2009

Toutes les versions de cet article :

Présents dès les premières faunes fossiles, l’histoire des Cnidaires commence il y a 580 millions d’années devançant l’explosion de la vie animale qui se produira vers 540 millions d’années. Les premières barrières coralliennes sont datées de 500 millions d’années mais sont édifiées par des espèces aujourd’hui disparues. Les coraux constructeurs de récifs modernes, les Scléractiniaires, apparaissent au secondaire, il y a 250 millions d’années. L’extension des récifs coralliens varie au cours des temps géologiques en fonction de la paléogéographie, des courants marins, des variations climatiques et du niveau de la mer.

 
Echelle des temps géologiques

On ne peut envisager la lecture du texte qui suit sans disposer d’une échelle des temps géologiques. En voici deux.

Version illustrée très pédagogique issue du site Géopolis-fr Version officielle 2004 issue de la Commission Internationale de Stratigraphie

1. Les premières traces de l’histoire des Cnidaires

Les premiers Cnidaires

Les vendobiotes d’Édiacara (photo de P-A.Bourque)

C’est bien avant le primaire, dans la faune d’Édiacara datée de -600 à -540 millions d’années, que l’on peut reconnaître les premières traces de Cnidaires attribuées à des méduses (Scyphozoaires).
Des premières formes fossiles du primaire, les Stromatoporidés, ont longtemps été considérées comme étant proches des Millepores ou coraux de feu (Hydrozoaires). Connus depuis le cambrien, ils sont importants au silurien et dévonien (primaire moyen) où ils sont à l’origine de constructions récifales. Ils disparaissent au début du secondaire. Mais des études récentes conduisent à les classer parmi les éponges.
Les premiers anthozoaires, les tabulés (Tabulata), auraient vécu du l’ordovicien au permien. Ces Cnidaires possédaient uniquement la forme polype et étaient de symétrie d’ordre 6. Ils construisaient de vrais récifs coralliens. Ils sont considérés actuellement comme des Hexacoralliaires. Les vrais Hexacoralliaires apparaissent, à l’ordovicien avec les Tétracoralliaires (Tetracoralla ou Rugosa). Ces coraux constructeurs disparaissent également à la fin du Permien, qui marque également la fin du paléozoïque (primaire). Les Scléractiniaires ne sont connus quant à eux que depuis le début du trias au mésozoïque (secondaire). Ils remplacent et font suite aux coraux tabulés et aux Tétracoralliaires.

Les premières traces de construction récifale

Elles remonteraient à environ 560 millions d’années. Ces premiers récifs sont construits par des archéocyathidés (éponges fossiles). Ce ne sont pas des récifs coralliens mais ils se développaient dans les mêmes conditions.

Après cette première période, on peut suivre trois vagues d’expansion importante des récifs : à l’ordovicien, au silurien et au dévonien. Ils associent des Stromatoporidés (éponges), Tabulés et Tétracoralliaires (coraux) : ce sont donc de véritables récifs coralliens. Ils ont recouvert jusqu’à 5 millions de km², contre une superficie estimée de 284 300 km² à l’heure actuelle [1] et leur taux de croissance pouvait atteindre 200 mètres par millions d’années.

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Evolution des coraux au paléozoïque (d’après A.Mojetta [Vie Océane])

A la fin du Dévonien, il y a environ 360 millions d’années, ces récifs se sont réduits brutalement, ils ne couvraient plus alors que 1000 km². La dérive des continents, lors de la fermeture de l’océan entre l’Amérique du Nord et l’ancien Gondwana, a modifié les courants marins et entraîné une baisse de la température défavorable à leur développement. Il ne reste plus qu’un immense continent, la Pangée, bordée par un océan unique, la Panthalassa (Océan Pacifique).

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2. Evolution des récifs coralliens et paléogéographie au secondaire (-248 à -65 Ma) et au tertiaire (-65 à –1,8 Ma)

La répartition et l’extension géographique des barrières coralliennes sont sous la dépendance des variations climatiques et de la distribution des masses continentales et océaniques. Au cours des temps géologiques, des océans s’ouvrent morcelant les continents comme par exemple l’ouverture de l’Atlantique au mésozoïque (secondaire) qui a séparé l’Europe et l’Afrique de l’Amérique. D’autres se ferment, comme la Thétys orientale lors de la rencontre entre les plaques indienne et asiatique.

Au secondaire (-245 à -65 Ma), les récifs coralliens connaissent une nouvelle extension lors de l’ouverture de nouveaux océans qui vont disloquer la Pangée produisant des marges continentales peu profondes favorables à l’installation des coraux. Les courants marins vont participer à un réchauffement climatique. Une proportion importante des familles actuelles doivent leurs origines de cette période notamment avec la constitution de deux groupes majeures les Fungiina et les Faviina, déjà très diversifié à cette époque.

Au tertiaire (-65 à -1.8 Ma), on assiste cette fois au regroupement des continents qui conduit à l’isolement plus ou moins importants des océans se qui conditionne l’évolution des populations coralliennes et la mise en place de provinces biogéographiques telle que celle des Caraïbes ou celle de l’Indo-pacifique. L’Indo-pacifique s’est considérablement diversifiée à cette époque avec 90 genres de coraux résultant notamment de l’évolution vers trois grandes familles : les Acroporidae, les Poritidae, les Pocilloporidae. La région Caraïbes, quant à elle, s’appauvrissait en passant d’une cinquantaine de genres à 26.

Source : Exposition virtuelle - Le Ciel et la Terre

3. Evolution des récifs coralliens et variations du niveau de la mer au Quaternaire (-1,8 Ma à nos jours)

De –1,8 millions d’années à nos jours, les formations coralliennes ont évolué avec les variations du niveau de la mer lors de l’alternance des périodes glaciaires et interglaciaires. L’élévation du niveau marin entraîne une croissance essentiellement verticale pour compenser la montée du niveau de la mer puis laisse ensuite place à une croissance horizontale des récifs.

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Niveaux de la mer et phases de croissance corallienne (d’après A.Mojetta [Vie Océane])

Plus récemment, il y a 10 000 ans le niveau de la mer était inférieur de 30 m (dans la région Caraïbes, celui-ci pouvait atteindre des valeurs inférieur à 130 m avec le niveau actuel). A l’époque, le niveau de la mer augmentait d’environ 10 m tous les 1000 ans. Il y a 7500 ans, la hausse s’est ralentie et n’était plus que de 6 m / 1000 ans. Entre -4000 et -1500 ans, le niveau de la mer avait dépassé d’un mètre son niveau actuel.

Lucien Montaggioni - Nommé Assistant de Géologie à la Faculté des Sciences de Marseille, détaché au Centre Universitaire de la Réunion en 1967, j’ai entrepris la préparation d’une deuxième thèse (thèse d’Etat) dont le sujet de recherche choisi portait sur les récifs coralliens de l’archipel des Mascareignes. Devenu titulaire du doctorat Es-Sciences (1978) et, par là même, « frais » spécialiste de la géologie des récifs coralliens, j’ai été invité à participer, au début des années 1980, à des campagnes françaises sur les récifs et atolls coralliens de Polynésie Française et sur ceux de la Mer Rouge. A partir de l’année 1986, bien que toujours enseignant à l’université de la Réunion, j’ai multiplié mes déplacements dans l’Océan Pacifique (Polynésie, Australie, Nouvelle-Calédonie) dans le cadre de congés sabbatiques de quelques mois, de congrès ou de missions de terrain de quelques semaines, afin d’accroître mon expérience sur les récifs coralliens. J’étais alors devenu l’un des spécialistes « mondiaux » de la géologie des récifs indo-pacifiques. Cette modeste notoriété m’a permis d’être promu Professeur.
Muté à l’université de Provence, en 1988, j’ai rejoint une équipe de recherche, reconnue par le CNRS et focalisée sur l’étude des systèmes sédimentaires marins de mers chaudes, régis par l’activité des organismes à squelettes calcaires. Les récifs coralliens répondent à cette définition. Personnellement spécialiste des récifs actuels et de l’ère Quaternaire, je rejoignais donc une équipe constituée de spécialistes de récifs anciens (ères Secondaire et Tertiaire). [MàJ : 19/05/09]

Sources :

- Les coraux, une histoire ancienne par Florence Trentin, Philibert Bidgrain (Vie Océane), d’après Angelo MOJETTA, "Récifs coralliens : introduction à la plongée", Ed. Gründ, 1995 [visité le 7/10/05]

- L.MONTAGGIONI. Coraux et Récifs, Archives du Climat. Editions Vuibert, Paris

- Temps géologiques, Wikipédia [visité le 8/10/05]

Notes

[1Spalding et al. 2001


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