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Morphologie

Publié le 17 août 2007, mis à jour le 17 mars 2008

Toutes les versions de cet article :

  • français

Les coraux sont généralement des animaux coloniaux même s’il existe des coraux solitaires. L’unité de base est le polype, une petite amphore dont l’unique ouverture, la bouche, est entourée de tentacules. Les polypes dérivent les uns des autres et restent liés ente eux : ils peuvent échanger nutriments et informations. Ainsi, ils constituent une colonie qui élabore le squelette calcaire sur lequel elle repose : chaque polype possède une loge ou calice dans laquelle il peut se rétracter. La forme et les ornementations des calices, leur disposition les uns par rapport aux autres sont des caractères permettant l’identification des espèces.
Les Cnidaires sont des animaux relativement simples. Un corps formé d’un sac à paroi double muni d’un seul orifice et entouré d’une couronne de tentacules comportant des cellules urticantes, les cnidocytes.
Chez les Scléractiniaires, ces tissus, la partie vivante dite "molle", reposent sur le squelette, la partie calcaire dite "dure". Situé donc à l’extérieur des tissus, le squelette est appelé exosquelette.

1. Une morphologie simple

Polype (Photo N.Gravier-Bonnet) {PNG}
Les Cnidaires sont des animaux appartenant aux eumétazoaires (Lecointre et Le Guyader, 2001) dont la morphologie reste relativement simple. Ce sont des organismes à symétrie radiaire, composés de deux feuillets embryonnaires (diploblastiques).

Le premier, externe, est appelé ectoderme, le second, interne, est appelé endoderme. Ils sont séparés par une gelée appelée mésoglée, contenant des éléments cellulaires tels que les cellules nerveuses ou encore des cellules à un stade restant indifférenciées. Les Cnidaires n’ont ni appareil circulatoire, ni appareil excréteur. Leur cavité digestive ressemble à un simple sac et s’ouvre vers l’extérieur par un unique orifice entouré d’une couronne de tentacules.

 
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Chez les Scléractiniaires, ces tissus, la partie vivante dite "molle", reposent sur le squelette, la partie calcaire dite "dure". Situé donc à l’extérieur des tissus, le squelette est appelé exosquelette.

 
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2. Des cellules urticantes, les cnidocytes

Les cellules urticantes, les cnidocytes, sont spécialisées dans l’attaque et la défense et sont spécifiques aux Cnidaires. Elles sont situées dans l’ectoderme et sont particulièrement abondantes dans les tentacules. Par leurs formes et leurs tailles variables, ces cellules peuvent être utilisées pour classer certains groupes de Cnidaires.

 
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Ces cellules renferment une capsule dévaginable (appelée cnidocyste ou nématocyste) délimitant une cavité ou vacuole remplie d’un liquide le plus souvent toxique et paralysant. Un choc mécanique sur le cnidocil entraîne l’ouverture de la vacuole, l’entrée d’eau et, en quelques millisecondes, la dévagination irréversible et complète de cette capsule. Celle-ci expulse alors un filament urticant (semblable à un harpon) dans les tissus de l’agresseur ou de la proie et lui injecte la substance toxique.

Les cnidocytes sont reliés entre eux par des cellules nerveuses. Aussi, l’excitation d’un cnidocyte est transmise de proche en proche aux cnidocytes voisins qui libèrent à leur tour leur filament. Ces cellules ne fonctionnent qu’une seule fois, et sont remplacées par différenciation de cellules dérivées de cellules interstitielles de l’ectoderme.

 

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A l’extrémité des tentacules, la zone blanchâtre correspond à un ectoderme riche en cnidocytes En haut, ectoderme et cnidocytes dont certains sont dévaginés (présence de filaments)
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Les harpons sont dévaginés Détail d’un cnidocyste avec filament urticant à l’intérieur

 

2. Le polype : unité fondamentale

Le polype correspond à la partie vivante et contractile de l’animal. Le polype est une simple vésicule s’ouvrant vers l’extérieur par un orifice unique : la bouche qui se prolonge intérieurement par un court œsophage (stomodeum) au dessous duquel se trouve la cavité gastrique, servant à la digestion des proies. La taille des polypes varie de quelques millimètres à quelques centimètres (par exemple, chez certaine espèce appartenant au genre de Goniopora). La bouche s’ouvrant au centre du disque oral est entourée par une ou plusieurs couronnes de tentacules au nombre de 6 ou d’un multiple de 6. Ce sont des hexacoralliaires.

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Pour en savoir plus :

La paroi du corps est constituée de deux couches de cellules ou tissus : un ectoderme externe (vert) et un endoderme interne (jaune). Ce sont des organismes diploblastiques. Entre les deux feuillets, s’intercalent la mésoglée, gelée qui contient des éléments cellulaires dispersés comme les cellules nerveuses.

L’ectoderme est constitué par des cellules sensorielles, des cnidocytes et des cellules interstitielles qui remplaceront les cnidocytes après qu’ils aient fonctionné.

L’endoderme comporte des cellules ciliées qui assurent le brassage du contenu de la cavité gastrovasculaire. Des cellules glandulaires libèrent des enzymes qui effectuent la digestion des aliments présents dans la cavité. D’autres sont douées de phagocytose et internalisent des particules alimentaires.

Les deux tissus délimitent la cavité interne : le corps est au final constitué d’une paroi supérieure en contact avec le milieu aquatique, d’une cavité et d’une paroi inférieure en contact avec le squelette calcaire. Ces deux parois n’ont pas exactement la même organisation.

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3. Le calice

Les polypes secrètent un squelette calcaire appelé polypier. Celui-ci est constitué de un ou plusieurs polypiérites (sorte de petites loges calcaires) également appelé corallites. Le polypiérite comprend à sa partie inférieure une lame calcaire, le plateau basal ou plancher d’où s’élève verticalement la muraille. La partie supérieure du polypiérite porte le nom de calice. La muraille et le plancher délimite une cavité appelé le lumen. Au cours du temps, les murailles du calice s’élèvent et étirent les parties molles du polype. Ce dernier se rétracte vers le haut et met alors en place un nouveau plancher.

Le squelette est un véritable immeuble dont seul le dernier étage est occupé.

Pour en savoir plus :

GIFLa formation du polypiérite est due à l’activité de cellules particulières, les calicoblastes de l’ectoderme inférieur. Elles sont responsables de la précipitation de cristaux de carbonate de calcium (aragonite) sur une trame protéique.

La muraille est renforcée par des extensions à l’intérieur du lumen sous forme de lames verticales appelées septes dont le nombre, au même titre que les tentacules, est un multiple de 6. Les septes peuvent se prolonger vers l’extérieur de la muraille par des côtes. Septes et côtes constituent ce que l’on appelle les éléments radiaires du calice.

La partie axiale du lumen est parfois constituée d’une formation squelettique verticale appelée columelle. Si l’animal est colonial (c.f. 3. Une vie coloniale), les murailles sont reliées entre elles par des éléments calcaires formant ce que l’on appelle le cœnosteum. L’ensemble constitué par le cœnosteum et les côtes s’appelle périthèque. L’ornementation, la forme et la disposition des calices les uns par rapport aux autres sont des caractères utilisés pour déterminer les différentes espèces de coraux.

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4. Une vie coloniale

Chez les Scléractiniaires, on distingue des formes solitaires et des formes coloniales. Les Scléractiniaires coloniaux sont à l’origine du développement des récifs coralliens. Ceux sont les formes les plus communément rencontrées. Dans ce cas, les polypes sont reliés les uns aux autres par un tissu de liaison appelé cœnosarque. Celui-ci met en continuité les cavités gastrovasculaires des polypes. Cette continuité assure la circulation de particules organiques et donne ainsi corps à la colonie. Le cœnosarque élabore également le squelette calcaire autour des calices (extracalicinal) appelé cœnosteum.

- Alain Ferry, Florence Trentin (Vie Océane)
- Centre Scientifique de Monaco
- Chevalier JP (1987) Ordre des scléractiniaires. In Traité de zoologie : anatomie, systématique, biologie. Vol. III, fasc. 3 : Cnidaires, Anthozoaires. Edited by D. Doumenc. Masson, Paris. pp. 403–764B
- Robin B, Petron C, Rives C (1997) - Les Coraux - Editions du Pacifique


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